La mission de L’ALVF est celle d’éliminer toutes formes de violence physique, sexuelle ou morale dont les femmes et les filles sont victimes dans tous les espaces : privés, publics ou politiques.
L’antenne autonome de la région de l’Extrême Nord, établie depuis 1996, s’adresse plus spécifiquement à la violence associée aux mariages précoces et forcés et ses conséquences : la sous scolarisation, les grossesses juvéniles à haut risque et la dépendance économique qui deviennent critique en cas de veuvage ou d’abandon.
Ses objectifs sont :
Éliminer toutes formes de discrimination contre les femmes
Promouvoir l’égalité et l’équité entre les hommes et les femmes
Promouvoir les droits sexuels et reproductifs des femmes et des jeunes filles
Promouvoir l’autonomisation des femmes et des jeunes filles victimes de violence
Ses activités se développent à partir des Centres de Vie des Femmes et des Brigades de Dénonciation. Les Centres sont au cœur des activités de l’ALVF.
Le premier, celui de Maroua, fonctionne depuis 1998, suivi de celui de Kousseri en 2005 et finalement en 2010 par celui de Langui, localisé dans un camp de réfugiés. Dans ces centres, les femmes et les jeunes filles abandonnées par leurs époux, les victimes de viol et de violence physique et les jeunes filles cherchant à échapper à des mariages précoces ou forcés trouvent une écoute attentive, une possibilité de médiation, un appui légal et médical. Les Centres sont aussi un lieu de rencontre, d’information et de documentation à l’intention de tous ceux concernés par la violence faite aux femmes. Dans le but de rendre les victimes autonomes, les Centres de Maroua et de Kousseri ont suscité la création des Associations pour l’Autonomie et la Promotion des Droits de la Fille et de la Femme (APAD). Les APAD donnent aux jeunes victimes un espace pour socialiser, se supporter l’une et l’autre et trouver collectivement des solutions pour assurer leur survie. Le Centre de Maroua supporte également quatre Groupe d’Initiative Commune (GIC) à Maroua, qui encadrent les activités de 42 micro entreprises individuelles, avec le support de MIFED une institution de micro finance. Les APAD et les GIC sont d’un point de vue opérationnel, indépendants des Centres, mais sont des outils de sensibilisation de la population actifs et efficaces sur les conséquences des mariages précoces et forcés. De 2005 à 2011, c’est plus de 1 100 victimes qui ont transité par les Centres et au moins 25% des victimes sont devenues plus autonomes en retournant à l’école, en créant des micro entreprises ou en s’initiant à un métier. Elles sont devenues des survivantes.
Les Brigades sont actives dans les communes et les écoles primaires et rejoignent les jeunes filles de moins de 15 ans. Leur rôle est de faire de la sensibilisation afin de prévenir les violences faites aux filles. Chaque brigade compte environ 20 membres dont des enseignants, des chefs traditionnels et religieux, des parents, des élèves et des représentants des médias. Un rôle des Brigades est celui d’accueillir dans les centres d’écoute, un espace privé, les jeunes filles violentées et de la rediriger vers la ressource appropriée. Les Brigades encadrent également les Clubs de Fille qui sont leurs portes paroles à l’intérieur de l’école et à qui elles donnent des formations relativement à des pratiques sexuelles saines et aux droits des filles. Les Clubs de filles peuvent également identifier les jeunes filles menacées de mariages forcées et celles retirées sans justification de l’école. À ce jour, l’ALVF a suscité la création de 12 Brigades qui chapeautent 37 écoles, réparties dans 6 départements de l’Extrême Nord. Elles ont ouvert 10 Centres d’Écoute et comptent 3000 membres actifs dans les Clubs de Fille.
À partir des informations collectées dans les Centres, et avec le support de l’Union Européenne, de Cordaid et de GIZ, l’ALVF a produit un document de référence sur l’état des mariages précoces et forcés dans l’Extrême Nord du Cameroun. Ce document sert de base au plaidoyer auprès des décideurs en vue de publier et de mettre en application les textes de loi interdisant les mariages précoces et forcés et des circulaires facilitant la procédure d’obtention des pièces officielles, dans la région de l’Extrême Nord.
La responsable de l’antenne de l’Extrême Nord, Mme Bille Sike, réalise par ailleurs de multiples interventions dans les médias pour rappeler de refuser toutes formes de violence envers les femmes et les jeunes filles camerounaises, pour valoriser l’éducation des filles et la nécessité pour celles-ci d’avoir un certificat de naissance et un certificat de mariage. Mme Aïssa Doumara, la Chargée de Programme, anime également une émission radiophonique hebdomadaire de sensibilisation en langue officielle et locale qui est rediffusée sur l’ensemble de la Région de l’Extrême-Nord.
L’ALVF est aussi impliquée au niveau politique. En 2007, elle participait à la création du Regroupement des Femmes de l’Extrême Nord (REFENGOL).Les membres du REFENFOL sont des associations de femmes militantes ayant des visées politiques. L’ALVF et le REFENGOL mènent une campagne de sensibilisation auprès des femmes afin qu’elles exercent leurs droits de vote en faveur de candidats ou candidates qui supportent des valeurs d’équité et d’égalité pour les femmes et les jeunes filles.
Partenaires
CORDAID est le partenaire principal de l’ALVF mais HCR et IWHC sont aussi actifs. Durant son évolution, elle a aussi obtenu l’appui financier de l’Union Européenne (PASOC), DED(GIZ), l’Ambassade américaine, Action Aid, et l’appui technique de SNV, Inwent, VSO et SACO.
Besoins et Projets en Développement
ALVF est au Cameroun une référence en ce qui concerne la lutte contre la violence faite aux femmes. Dans la région de l’Extrême Nord, elle est bien connue de tous les acteurs du développement international mais est aussi bien enracinée dans les différentes communautés. Elle veut maintenant multiplier les résultats obtenus et continuer à professionnaliser son organisation. Elle recherche l’expertise et le support de partenaires additionnels et ses besoins immédiats sont :
Pour les Centres de Vie des Femmes
Financement pour les opérations de l’APAD de Kousseri
Partenaire de Micro Finance supplémentaire pour les GIC car la demande dépasse les enveloppes disponibles avec MIFED
Appui aux services offerts aux victimes (fonds d’aide d’urgence, alimentation et frais juridiques)
Pour les Brigades de Dénonciation
Bourses d’études pour toutes les victimes, jeunes filles et adultes qui veulent continuer ou retourner à l’école
Appui pour assurer une meilleure coordination entre les Centres de Vie des Femmes, les Brigades et les Centres d’écoute et réaliser plus d’activités de sensibilisation dans les écoles
Pour l’antenne elle-même
Appui technique en élaboration de projets
Renouvellement du parc informatique, ajout de moyens de transport